Montreuil (1955)
Vit et travaille à Montreuil

Joël Ducorroy se définit lui-même avec humour comme « artiste plaquetitien ». Né en 1955, Ducorroy exploite en effet depuis plus de 20 ans le procédé qui consiste en l’utilisation d’un matériau unique : la plaque minéralogique. 

Il utilise des mots inscrits sur la plaque minéralogique qu’il fait réaliser, à la place d’une représentation imagée. Le mot fait sens, de façon singulière pour chacun de nous, comme la couleur de la plaque, qui renvoie avec une certaine distance à celle de l’objet nommé….

« L’image de l’artiste est encore largement associée à celle du peintre dans son atelier. Or, contrairement à l’architecture, à la photo ou au design, qui ont su passer le cap de la révolution industrielle, la peinture est demeurée à un stade artisanal. C’est un art qui ne correspond pas à l’époque où nous vivons. »

« J’ai commencé à travailler à partir de plaques minéralogiques en 1980. C’est arrivé après une rencontre avec Serge Gainsbourg. Je me suis dit qu’il utilisait des mots et que je pouvais en faire autant. Je suis alors entré au bazar de l’hôtel de Ville et je me suis commandé quelques plaques minéralogiques. A partir de 1983, j’ai systématisé l’emploi de la plaque et je ne fais que cela. » Entretien avec Otto Hahn, décembre 1989

La lecture proposée de l’œuvre est alors laissée à l’imagination du spectateur. C’est à lui de faire mentalement « image » du mot présenté par l’artiste. Et personne ne forme mentalement la même image que son voisin…L’image n’est pas la chose, comme Magritte l’a énoncé dans son célèbre tableau « La trahison des images », mais le mot n’est pas non plus la chose. Il se trouve simplement qu’il l’évoque.