Protégé au titre des Monuments Historiques et des Sites, le domaine de Chamarande est un patrimoine vivant, à la croisée de la nature et de la culture. Il recèle un patrimoine historique, bâti et paysager, dans un environnement exceptionnel entre la forêt du Belvédère et la vallée de la Juine.

Labellisé Jardin Remarquable depuis 2005, il est ouvert au public depuis les années 1990 suite à l’acquisition du département de l’Essonne en 1978.

Nombre d’allées et de cheminements sont accessibles et propices aux balades. Une signalétique, rénovée en 2020 sur le dessin de l’agence ENT design, permet aux visiteurs de mieux se repérer et d’améliorer sa connaissance et compréhension du domaine.

Vous trouverez donc des panneaux d’information aux abords de nombreux éléments remarquables : le patrimoine bâti, paysager et les œuvres d’arts.

Partez à la découverte des richesses du parc

En 2022, en lien avec la mise en place du nouveau mobilier signalétique, le Domaine de Chamarande a édité un livret de parcours découverte. Trois parcours sont ainsi proposés :

  • Au fil de l’eau
  • Paysages composés
  • Histoire contemporaine

Disponible gratuitement aux entrées du parc et à l’accueil des expositions, il est aussi téléchargeable en format pdf :

Les ELEMENTS REMARQUABLES

Autour du château

Elément patrimonial central du domaine de Chamarande, le château a connu au cours de son histoire des périodes de faste et de déchéance. Il porte donc la marque des époques et des propriétaires qui se sont succédé, ce qui lui donne ce caractère composite.

Un important projet de réhabilitation est actuellement en phase d’étude. Il doit permettre de pérenniser l’état du bâtiment et d’agrandir les espaces d’exposition, notamment au premier étage, actuellement fermé. Livraison prévue fin 2025.

Le château

Vers 1605, François Miron engage les travaux du corps central, puis chacun des propriétaires successifs lui apporte sa marque, au gré des goûts et des usages de l’époque : adjonction de pavillons au XVIIe siècle, de galeries par le Duc de Persigny au  XIXe siècle, décoration de certaines pièces comme la salle à manger des chasses par Anthony Boucicot au  XIXe siècle ou installation de la bibliothèque par Auguste Mione au  XXe siècle.

Pour autant, l’harmonie du château, avec ses trois matériaux – pierre – ardoise – brique, a su être préservée, dans les périodes de faste ou d’abandon. Son histoire est le miroir des succès et des échecs de ses propriétaires, et des soubresauts de l’Histoire.

La façade est rythmée par un avant-corps peu saillant. Elle est dépourvue de toute ornementation : c’est le jeu sur la couleur des matériaux employés (brique – grès – ardoise) et la pureté des lignes architecturales qui est favorisé.

L’entrée du château est flanquée de deux pavillons : le premier abrite la chapelle, le second le logement du régisseur.

Cet édifice datant du XVIIe siècle a été classé au titre des Monuments historiques en 1981.

Ses salles

Le vestibule

Placé au centre du château, le vestibule permet d’apprécier l’enfilade des pièces mais aussi d’embrasser d’un regard l’allée d’honneur et le parc. Espace de transition entre l’extérieur et l’intérieur,  la vue sur le Domaine est privilégiée ; seules les grilles ajourées fermaient les entrées, ce qui provoquait des courants d’air glacés dans la demeure. C’est pourquoi, au XVIIIe siècle, les grilles sont doublées par des portes.

Le vestibule étonne par ses faibles dimensions. Pourtant, à l’origine, il comprenait une cage d’escalier, l’actuel vestibule et une pièce à droite. C’est au XVIIIe siècle que Louis de Talaru demande à Pierre Contant d’Ivry de remanier certains espaces du château dont le vestibule.

Des séparations sont alors réalisées pour créer trois ensembles aux fonctions distinctes : la cage d’escalier à gauche, le vestibule au centre et une salle à manger à droite.

Cependant, pour donner une impression de grandeur, l’architecte évide les murs latéraux qu’il orne d’arcades à anses de panier, forme qu’il utilise fréquemment, laissant ainsi le regard embrasser les trois nouvelles pièces.

Au XIXe siècle, la décoration du vestibule est modifiée : les stucs sont recouverts de teintes sombres ou en trompe-l’œil façon marbre.

La récente restauration a privilégié la conservation de chacun des styles, soit les arcades, pilastres et chapiteaux du XVIIIe siècle et les couleurs du XIXe siècle.

La galerie

Ajoutée au XIXe siècle pour le duc de Persigny, ministre de l’Intérieur, la galerie est vraisemblablement l’œuvre de l’architecte Antoine-Isidore-Eugène Godebœuf (1809-1879) qui a travaillé notamment à Paris, au ministère des Travaux publics et à la mairie du XVIe arrondissement.

La galerie relie les deux ailes du château et ménage une terrasse au premier étage. Elle s’intègre parfaitement à l’édifice grâce à l’utilisation de la pierre et de la brique en façade.

Meublée à l’origine de secrétaires et coffres précieux, de cabinets en marqueterie de cuivre, d’écaille ou encore de sculptures et de tableaux
de toutes écoles, elle était, au même titre que la galerie des croisades à Versailles, un lieu de présentation des souvenirs héraldiques des propriétaires.

Du XIXe siècle, subsistent aujourd’hui le sol en marbre de Tonnerre et le plafond à caissons inspiré de la Renaissance, couleur chocolatine avec fleurs de lys or sur fond bleu roi.

La salle à manger des chasses

Seule pièce aujourd’hui meublée, la salle à manger des chasses abritait autrefois une partie des offices, puis la chambre de Louis de Talaru, marquis de Chalmazel. L’espace est ensuite divisé en fumoir et petite salle à manger au cours du XIXe siècle. L’aménagement actuel, réalisé pour Antoine Boucicaut, réunit le fumoir et la petite salle à manger ; il date de 1879. Le mobilier d’origine a été conservé.

Très prisés à la fin du XIXe siècle, les recueils d’ornemanistes incitent Antoine Boucicaut à faire appel pour cette pièce au célèbre ébéniste Henri-Auguste Fourdinois (1830-1907). Dans cet ensemble inspiré de la Renaissance, il explore le goût pour le luxe et la surabondance des décors. Plusieurs essences de bois rehaussées de bronze composent la majeure partie de la décoration. Une frise de tissu ornée de chiens de chasse en médaillons complète l’ensemble.

Féru de chasse à courre, Boucicaut fait aménager dans le domaine un chenil qui était située à l’emplacement de l’actuelle volière. Enfin, il ne faut pas manquer d’admirer le carrelage en céramique polychrome.

Le principal intérêt de la pièce réside dans une succession de petites têtes féminines en bois sculpté, toutes différentes et figurant les unes des sentiments, les autres les traits et coiffes de divers continents. Faut-il voir ici une évocation des nombreux voyages que Boucicaut fit dans sa jeunesse lorsqu’il travaillait pour son père, fondateur du grand magasin parisien Le Bon Marché ?

Situées autour de la pièce à environ 2 mètres de hauteur, seules les têtes du mur de gauche sont d’origine. Dérobées, les têtes du mur droit ont été recréées et posées en décembre 2000 par les élèves de l’École Boulle de Paris.

Le salon blanc

Réalisé par l’architecte Pierre Contant d’Ivry pour Louis de Talaru au XVIIIe siècle, le Grand salon présente également certains éléments décoratifs modifiés au XIXe siècle tels les dessus-de-porte.

Le Grand salon dit Salon blanc se distingue des autres pièces du château par sa luminosité car il reste la seule pièce qui a conservé son lambris blanc d’origine ; les autres pièces ayant été restaurées sur les modèles du XIXe siècle dans des teintes sombres.

Son décor de style Louis XV ou rocaille est composé de boiseries peintes en blanc, ornées de moulures et de motifs décoratifs rehaussés de feuilles d’or comme les coquilles et les acanthes. Les dessus-de-porte sont ornés d’instruments de musique : l’un présente un hautbois et une partition de musique, l’autre une mandoline et une flûte à bec baroque.

Sur la cheminée, au bas du grand miroir, deux dragons donnent une note exotique à cet ensemble réalisé à une époque où les chinoiseries étaient à la mode.

En 1862, le Grand Salon est rebaptisé Salon de l’Impératrice par le duc de Persigny après une visite officielle de l’empereur Napoléon III et de son épouse à Chamarande.

La bibliothèque

Cette pièce a régulièrement changé d’attribution selon les époques et les besoins des propriétaires.

À l’origine et pendant près d’un siècle, elle abritait la salle à manger, placée à proximité des offices (cuisines), situées dans le château ; elle occupait l’actuel emplacement du petit vestibule et de la salle à manger.

Vers 1750, l’espace est transformé en chambre pour Marie Marthe Françoise de Talaru, marquise de Chalmazel. Un boudoir et un cabinet de toilette complétaient l’appartement qui était composé de trois pièces côté parc. Son époux Louis de Talaru occupait l’appartement donnant sur la cour (aujourd’hui la salle à manger).

Sous le Second Empire, le duc de Persigny transforme la pièce en cabinet de travail. Et, à la fin des années 1950, Auguste Mione installe une bibliothèque dont une partie du mobilier est toujours en place.

L’auditoire

En 1742, dans le cadre des travaux menés par Pierre Contant d’Ivry pour Louis de Talaru, un auditoire, salle où se tiennent les audiences, est bâti en dehors de l’enceinte du château, sur un terrain qui faisait partie du village.

L’auditoire est un bâtiment massif qui symbolise la justice ; il est construit dans le style Louis XIII en briques et pierres (grès) avec un toit recouvert d’ardoises.

Sous l’Ancien Régime, le propriétaire du château possédait le droit de haute, moyenne et basse justice. L’auditoire était le lieu où cette justice s’exerçait. Un canon et des bancs constituaient à l’origine le mobilier intérieur. Sous le bâtiment, deux cachots étaient aménagés ; ils ont été comblés à la fin des années 1950.

La chapelle

En 1661, le décor de la chapelle est réalisé par Louis Lerambert (1620-1670), élève du peintre Simon Vouet et maître du sculpteur Antoine Coysevox ; il travaille également aux décors des appartements du château. Deux ans plus tard, Pierre Mérault (1586-1668) obtient la permission “d’avoir une chapelle pour faire célébrer le service divin en son chasteau“.

Lerambert exprime son talent dans un style baroque insufflé par la réforme du Concile de Trente (1545-1563). “Les lumières, les encensements, les ornements” par la nature de l’homme sont tels qu’il “ne peut aisément et sans quelques secours extérieurs, s’élever à la méditation des choses divines“.

Dans son aspect original, le décor était blanc et or rehaussé par des stucs et un dallage de marbre noir et blanc. Des pilastres à chapiteaux corinthiens dorés portent un entablement surmonté par un tympan décoré de trois angelots reliés par des guirlandes. La coupole à arc surbaissé et les pendentifs sont ornés de médaillons avec vases de fleurs.

Sous l’impulsion du duc de Persigny (1808-1872), la décoration de la chapelle est remaniée selon les tendances à la mode. L’ensemble est recouvert d’un badigeon chocolatine faux bois. Si le XVIIe siècle avait privilégié la clarté des lieux de culte et prônait l’utilisation de vitraux blancs, agrémentés parfois de réseaux de plomb à figures simples, le XIXe siècle adopte les vitraux très colorés que l’on peut aujourd’hui encore apprécier. Les sujets retenus sont Saint Jean Baptiste et l’Assomption de la Vierge auxquels se mêlent les armes de Persigny et sa devise Je sers.

Les autres éléments architecturaux et paysagers

Outre le château, le domaine de Chamarande comprend d’autres bâtiments d’époques et d’usages divers. Certains, comme l’orangerie, la glacière ou la ferme, ont répondu à des fonctions utilitaires tandis que d’autres, comme le pavillon du belvédère, le cabinet des grâces ou encore le buffet d’eau, ont répondu à des usages récréatifs ou esthétiques.

L’orangerie

En 1760, dans le cadre de la campagne de travaux que Pierre Contant d’Ivry mène sur le Domaine pour Louis de Talaru, l’orangerie est construite à l’emplacement de l’ancienne maison du garde. La vocation de l’orangerie était d’abriter d’octobre à mai les arbres fragiles ou exotiques pendant la saison froide. Orangers, citronniers, lauriers, grenadiers et géraniums étaient entreposés.

À la fin des années 1960, Auguste Mione adjoint au bâtiment originel une construction moderne pour aménager un logement. Depuis cette époque, les orangers sont conservés dans la serre située à l’arrière de l’orangerie.

La façade de l’orangerie, en briques et pierres alternées, s’accorde aux autres bâtiments du Domaine. À l’intérieur, la recherche de chaleur motive l’architecture : les grandes fenêtres, orientées au sud, invitent le soleil, tandis que les murs épais et la charpente – renforcée par des plaques de plâtre clouées – permettaient une meilleure isolation ; cette dernière en bois de châtaigner a été restaurée à la fin des années 1990.

Le cabinet des grâces

Le cabinet doit son nom aux trois bustes des Grâces, filles de Zeus, qui ornaient à l’origine le centre de la niche. Le cabinet était situé à l’abri des regards importuns, dans un espace plus intime du parc, réservé au jeu et à la détente. Il offrait une pause agréable dans la promenade par la perspective qu’il ouvrait sur un bassin et un canal, aujourd’hui disparus.

Petit édifice, daté de 1758 et construit dans le cadre de la campagne de travaux de Pierre Contant d’Ivry pour Louis de Talaru, il étonne par sa ligne architecturale spécifique. On ne retrouve pas ici les matériaux polychromes (briques, grès, ardoises) caractéristiques du Domaine. Ce sont peut-être les transformations intervenues au cours du XIXe siècle qui expliquent cette différence : la partie haute en particulier a probablement été édifiée à cette époque. En revanche, les deux pots à feu, qui se dressent au sommet et terminent la composition, datent du XVIIIe siècle ; ils étaient sans doute déjà installés sur le premier ouvrage.

La glacière

Une glacière est une sorte de citerne où l’on conservait la neige ou la glace récoltée en hiver, généralement ménagée dans une butte de terre artificielle et surmontée d’une fabrique (pyramide, belvédère).

La glacière du parc date des années 1740 ; elle apparaît aujourd’hui, après sa restauration, comme l’une des mieux conservées d’Île-de-France. Son architecture particulière est commandée par sa fonction: celle-ci ne servait pas à conserver les aliments (le sel remplissant cet office), mais était dévolue l’été au rafraîchissement des boissons ou à la confection de desserts glacés, alors très prisés.

L’hiver, lorsque la Juine ou les canaux du parc gelaient, des ouvriers étaient spécialement recrutés pour casser la glace. Celle-ci était transportée, puis descendue dans la glacière à l’aide d’une poulie. La capacité de la glacière de Chamarande est de 145 m3. Grâce à cet important volume, on était certain de disposer de suffisamment de glace jusqu’à la fin de l’été. La température de celle-ci oscillait autour de 4° ; la fonte était cependant inévitable et il fallait compter avec 50% de perte sur le volume total.

Le pavillon du belvédère

Entre 1740 et 1745, dans le cadre des travaux qu’il mène dans le Domaine pour Louis de Talaru, Pierre Contant d’Ivry fait ériger le pavillon du belvédère dans un esprit d’homogénéité avec les autres bâtiments : l’usage de la pierre et de la brique répond au style Louis XIII du château.

Le pavillon ouvre ainsi la perspective sur la campagne environnante, d’où son nom de belvédère qui signifie belle vue. Mais on le désigne également sous le nom de pavillon de chasse ou encore pavillon de musique.

En effet, ce lieu était propice aux concerts, aux discussions de salon et aux collations. Dédié à la détente et au divertissement, il était à l’origine meublé à cet effet.

Situé sur un tertre qui ferme la partie sud-ouest du parc, le pavillon est orienté vers l’extérieur du Domaine, ce qui le différencie des bâtiments d’un parc à la française habituellement tournés vers le cœur des jardins.

Des graffitis, laissés sur les murs par des soldats américains pendant la Seconde guerre mondiale, restent aujourd’hui visibles. Ces dégradations d’hier participent désormais de l’histoire du bâtiment restauré en 2000.

Le buffet d’eau

Au XVIIIe siècle, l’architecte Pierre Contant d’Ivry redessine les jardins. Il donne à l’eau une grande importance. C’est à cette période qu’est réalisé le buffet d’eau. Depuis sa construction en 1749, il a été fréquemment remanié ; il a perdu son décor sculpté originel : seuls subsistent désormais les bossages rustiques qui encadrent des panneaux de rocaille.

Les deux sculptures que nous voyons aujourd’hui dans la partie haute du buffet d’eau datent du début du XXe siècle. Ces allégories des fleuves de la Garonne (figure de vieillard) et de la Dordogne (figure de femme) sont des copies des sculptures  du bassin nord des jardins de Versailles. Toutes deux ont été exécutées à partir des originaux du sculpteur de Louis XIV Antoine Coysevox (1640-1720) qui datent de 1686.

Le jeu de l’oie

D’après un projet aquarellé de Pierre Contant d’Ivry pour le parc de Chamarande de 1742, le jeu de l’oie présente un espace organisé en spirale comprenant 63 cases, comme le veut la règle du jeu établie depuis l’Antiquité.

Exceptés les vestiges du pavillon, socle et bases de colonnes toscanes, rien ne subsistait du jeu. C’est pourquoi le paysagiste Jacques Sgard décide de revaloriser la zone en 1999. Mais le jeu de l’oie connaît une dégradation rapide de son état, notamment les plantations de houx qui supportent mal l’exposition très ensoleillée du site.

La réhabilitation de l’espace a été réalisée en 2018, sous la maitrise d’œuvre de Frédéric Sichet, architecte-paysagiste. Il s’agissait de renouveler les plantations pour redonner toute l’ampleur et le volume à cet espace historique remanié plusieurs fois au fil des siècles.

pour découvrir le jeu de l’oie et les autres fabriques du Domaine (cliquer sur le lien)

L’île

Actuellement, l’île est fermée au public. Le responsable, un champignon nommé l’Armilliaire, qui s’en prend au racines des arbres. Comment profiter de la vue depuis l’île ? En cliquant ici !

Entièrement artificielles, l’île et la pièce d’eau qui l’entoure résultent de la jonction de deux canaux existant au XVIIIe siècle. Le canal à la glace et le canal neuf disparaissent en effet vers 1780 au profit d’un étang orné d’une île, visible sur le plan d’intendance de 1785 et confirmé par le plan cadastral de 1817.

L’hypothèse a été soulevée que le peintre paysagiste Hubert Robert (1733-1808) serait intervenu à cette époque, mais seule une magnifique toile représentant le château, peinte dans les années 1780 et exposée dans l’une des galeries, témoigne de son passage à Chamarande…

Le reflet du château dans les eaux du lac et la végétation environnante créent une scène paysagère à l’atmosphère pittoresque. Conçue comme un tableau, cette scène paysagère est agrémentée par la plantation d’une espèce importée au cours du XIXe siècle, les cyprès chauves de Louisiane.

Tout au long de l’année, l’île accueille de nombreuses espèces d’oiseaux : canards colvert et foulques au printemps, hirondelles, bergeronnettes et martinets en été, et cormorans en hiver.

Vous pouvez également admirer une copie de la Madeleine pénitente sculptée par l’artiste vénitien Antonio Canova (1757-1822), figure du néo-classicisme européen. La statue était conservée dans les communs du château avant d’être installée à la fin des années 1950 sur l’île par Gino Silvestri, le gendre d’Auguste Mione. La datation de cette copie s’appuie sur une hypothèse émise par Claro Di Fabio, directeur du Museo di Sant’Agostino de Gênes : si l’original fut exposé à Paris au Salon de 1808, une restauration fut néanmoins nécessaire car, pendant le transport, des doigts de la statue avaient été brisés comme le sont ceux de la sculpture de Chamarande. Ce qui amène à dater l’exécution de la copie avant la restauration de l’œuvre originale de Canova pour le Salon de 1808.

L’amphithéâtre et le canal

Membre de l’Académie royale d’architecture et dessinateur de jardins, Pierre Contant d’Ivry (1698-1777) a travaillé à la demande de Louis de Talaru, marquis de Chalmazel, de 1737 à 1763 sur le Domaine de Chamarande qui était alors l’un des plus vastes de l’Île-de-France avec une superficie plus de 2.000 hectares.

Il restructure les parties boisées autour de fabriques qu’il implante en divers endroits du Domaine. Sont alors construits le pavillon du belvédère, l’orangerie, la glacière, et aménagés le jeu de l’oie et le fer à cheval. De nombreux canaux sont creusés pour agrémenter la promenade, développer des lieux de pêche et ménager des réservoirs d’eau.

Le canal des Houx, anciennement des génieures, est agrandi suivant un axe est-ouest. A son bout se trouvait le pavillon dit de l’île ou encore des turcs qui s’achevait par un amphithéâtre ovale repéré sur le terrain grâce aux indices donnés par la présence de très vieux sujets de buis, d’ifs et de platanes dans une parcelle forestière.

Conforté par un travail de recherches en archives, un dessin de jardin de Pierre Contant d’Ivry, réalisé entre 1740 et 1759, a été retrouvé ; il montre un amphithéâtre de verdure prolongé par une perspective donnant sur le canal des Houx.
Pour valoriser ce tracé, une plantation de très beaux platanes a été réalisée par l’équipe des jardiniers du Domaine, et une œuvre de Gilles Bruni a pris place dans la forêt au pied des végétaux historiques – buis, ifs et platanes centenaires.

Un parc en évolution constante

Devenu un lieu culturel au début des années 2000, le domaine de Chamarande a accueilli de nombreux projets artistiques. Certains ont laissé une trace visible dans le parc, outre les œuvres de la collection du Fonds départemental d’art contemporain.

La forêt-jardin, d’Astrid Verspieren

FORÊT-JARDIN, depuis 2013
Plantes comestibles ; plantation de 7 strates végétales
Surface : 2200 m²
Expérimentation pour le Domaine de Chamarande

Le parc agricole du Domaine de Chamarande et sa dimension agrosylvo-pastorale d’autrefois ont disparu. Aujourd’hui, le site d’une superficie de 98 hectares n’est plus une terre nourricière ; seule la dimension culturelle subsiste, la dimension culturale ayant été effacée aux XIXe et XXe siècles.

Restituer au jardin historique de Chamarande sa dimension vivrière et comestible est une nouvelle composante de la gestion différenciée menée sur le site ; le plan de gestion différenciée est un outil conçu en interne par l’équipe des jardiniers qui permet la mise en place d’une gestion réfléchie et adaptée de chacun des espaces du parc, avec une vision à long terme. La première manifestation de cet ambitieux projet est l’expérimentation d’une forêt-jardin sur une surface pilote de 2200 m².

Conceptualisée par Robert Hart sous le nom de forest garden à Wenlock Edge (Shrophire, Angleterre), la forêt-jardin est un jardin comestible crée selon le modèle du bois naturel : jardiner moins, « non agir » et produire plus grâce à un système de plantation de sept strates de plantes comestibles :
1. Les grands arbres fruitiers (la canopée)
2. Les moyens et petits arbres fruitiers
3. Les arbustes à petits fruits
4. Les herbacées
5. Les plantes grimpantes
6. Les plantes couvre-sol
7. Les plantes racines

La Forêt-Jardin est un jardin comestible productif  empreint d’une dimension poétique et esthétique, avec un caractère éminemment social qui traduit notre rapport à la nature. C’est un lieu où se mêlent expériences botaniques, nouvelles pratiques du jardinage.

Parcelle expérimentale, la Forêt-Jardin est un espace où la MICROAGRICULTURE se révèle comme une réponse, l’une des solutions innovantes aux problèmes environnementaux et sociétaux contemporains : création d’un sol, travail sur la verticalité des espèces, densification des plantations, culture en toute saison.

Laboratoire du vivant, elle est un modèle qui questionne l’un des plus grands défis de ce XXIsiècle : comment prendre soin de notre terre nourricière et pérenniser ses ressources ? – Philippe Desbrosses, Manifeste pour un retour à la terre. Comment assurer la sécurité alimentaire pour demain, Dangles, 2012

La Forêt-Jardin, de la réflexion à la réalisation, est un projet collectif regroupant les initiateurs du plan de gestion – Cécile Brune (géographe) et Pascal Parmentier (naturaliste)-, les réalisateurs sur le terrain – l’équipe des jardiniers -, deux guides Astrid Verspieren et Carla Almansa (paysagistes) ainsi qu’un « témoin » visuel Yves  Morelle (photographe et vidéaste).

Le Pourrissoir, de Gilles Bruni

Un pourrissoir dans les sous-bois, une façon de recycler le bois mort, coupé ou tombé
et de laisser venir les décomposeurs, jusqu’à l’humus
, 2013

Visionnez l’interview de l’artiste
et découvrez les étapes de réalisation de l’œuvre

Gilles Bruni poursuit sa collaboration avec les jardiniers du Domaine de Chamarande, et réalise, pour l’exposition Milieux, un gigantesque Pourrissoir en plein cœur de la forêt.

Composée à partir des déchets naturels produits par le site, cette imposante architecture engendre un nouvel écosystème naturel, fait d’insectes xylophages et de champignons qui réduiront peu à peu ce dôme boisé en humus : un retour naturel de la matière à la terre.

Ce nouveau milieu favorise l’observation et l’interaction du visiteur avec la vie invisible et silencieuse de la forêt.

Gilles Bruni participe également à faire revivre et re-découvrir aux visiteurs la zone du marais grâce à son œuvre Balance, installée depuis 2011 à proximité de la Juine.

Monticule fait de la tourbe issue du creusement d’une mare, de fascines de saules provenant du parc et de ganivelles de châtaigner, cette réalisation offre un point de vue sur ce milieu humide et fertile normalement inaccessible au public.

La balance, de Gilles Bruni

Balance : monter-descendre / descendre-monter,
changer de point de vue pour mieux éprouver le marais
,
2011-2013

Dans le marais, la gestion intègre les spécificités de la vaste prairie humide de 8 hectares située en bord de Juine. Espace ouvert, avec une végétation typique – roseaux, joncs, reines des prés ou spirées -, le marais est un milieu naturel où la biodiversité est riche et sensible.

Véritable zone refuge pour les passereaux comme la Locustelle tachetée ou le Phragmite des joncs, le paysage de marais nécessite un entretien adapté aux meilleures conditions d’épanouissement des nombreuses espèces qui y vivent ou viennent s’y nourrir. Dans cette perspective, des mares-tests ont été créées en 2011 : elles forment des écosystèmes favorables aux libellules, grenouilles et tritons, ou encore au développement d’une flore de bords de mares très particulière.

Né en 1959 à Nantes, Gilles Bruni vit et travaille à Clisson. Il réalise depuis trente ans des installations paysagères contextuelles. Sa pratique concentre ses intérêts pour le paysage, l’écologie du lieu, ses habitants et leur histoire. Il a par ailleurs réalisé avec Marc Babarit à partir des années 1980 une trentaine d’installations paysagères en Europe et en Amérique du Nord.

Né en 1959 à Nantes, Gilles Bruni vit et travaille à Clisson. Il réalise depuis trente ans des installations paysagères contextuelles. Sa pratique concentre ses intérêts pour le paysage, l’écologie du lieu, ses habitants et leur histoire. Il a par ailleurs réalisé avec Marc Babarit à partir des années 1980 une trentaine d’installations paysagères en Europe et en Amérique du Nord.

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La Fabrique, réserve du FDAC et locaux techniques

Afin d’accueillir les réserves du Fonds départemental d’art contemporain (FDAC) de l’Essonne, Hervé Levaseux*, architecte adepte des formes épurées, a proposé d’implanter sur le Domaine de Chamarande un bâtiment linéaire en fond de perspective.

Ancré dans la topographie de façon à créer un point fort à la limite Nord-Est du parc, il évoque l’architecture moderniste du XXe siècle qui parsème déjà le site, héritage d’Auguste Mione, dernier propriétaire privé du Domaine.

Le projet architectural de 120 mètres de longueur, qui abrite à la fois ateliers techniques et réserves de la collection du FDAC, se caractérise par des façades plates sans ornementation qui permettent de mettre en évidence les matériaux, la lumière et la pureté des lignes en dialogue avec le paysage.

Le parti pris architectural est porté par quelques idées maîtresses qui ont fondé le projet : le bâtiment belvédère sur sa façade Ouest est conçu comme un mur d’enceinte, à l’échelle du paysage.

Le site est ainsi marqué par le grand mur maçonné, réalisé en pierre de taille de teinte claire dans une recherche de matérialité en dialogue avec la minéralité du site ; la toiture donne sa silhouette au bâtiment et fait apparaître un volume en creux au-dessus du mur.

Tel un promontoire, un balcon à l’échelle du paysage est créé ; une structure, faite de portiques bois rythme la façade Est sur une trame de 5.20 mètres, libère les espaces de murs structurels et s’accorde avec la faible portance du sol.

L’ensemble du bâtiment et les baies vitrées sont soigneusement enveloppés par un claustra bois, éclairant naturellement les locaux.

Cette vue vers l’Ouest est complètement intégrée dans la nature par ce jeu de lamelles de bois qui recouvrent la façade et finissent par rendre le bâtiment à la nature.

Surface totale du bâtiment : 2 198 m2

Surface FDAC : 702 m2

Surface réserves : 538 m2 pour un volume de 2 000 m3

* Primé à la 7e édition des Lauriers de la Construction Bois, Grenoble, 2012

Loisirs & spectacles